La maîtrise d'oeuvre et la rénovation
La rénovation de l'habitat privé : un marché important pour la maîtrise d'œuvre
Sous l'effet des incitations financières et dans un objectif d'économies d'énergie, le montant moyen des travaux pour une opération de rénovation de l'habitat se situe couramment autour de 3 à 4 000 € par logement. Une rénovation dans la perspective du Grenelle pourrait nécessiter entre 15 et 20 000 € par logement. Et ce montant pouvant justifier l'intervention d'une maîtrise d'œuvre intégrant diagnostic préalable, préconisation des travaux, coordination et suivi de travaux, le Club de l'Amélioration de l'Habitat s'est interrogé sur la place de la maîtrise d'œuvre dans les projets de rénovation. Associé à quatre de ses membres, représentant les architectes, les techniconcepteurs, les économistes de la construction et les bureaux d'études, le Club de l'Amélioration de l'Habitat a enquêté auprès d'un échantillon représentatif de maîtres d'œuvre exerçant leurs compétences en rénovation et des projets qu'ils conduisent.
L'enquête met en évidence le poids de la rénovation dans l'activité de ces maîtres d'œuvre, avec une part importante de la rénovation dans leur chiffre d'affaires pour 67 % des architectes et techniconcepteurs, 43 % des économistes de la construction et 34 % des bureaux d'études. Les principaux clients en rénovation des architectes et des techniconcepteurs sont les propriétaires de maison individuelle, les économistes de la construction se partagent entre les bailleurs sociaux et les propriétaires d'habitat individuel, alors que les bureaux d'études leur préfèrent les maîtres d'ouvrage des bâtiments tertiaires, les bailleurs sociaux et les copropriétés. Les effets du Grenelle de l'Environnement sont encore aujourd'hui modérés, mais les professionnels de la maîtrise d'œuvre s'attendent à une progression de tous les segments de marché et plus particulièrement des copropriétés et de l'habitat social.
Les projets examinés sont encore peu contraints par les diagnostics et par les objectifs de performance énergétique : 40 % des projets sans diagnostic ou audit préalable, plus de 60 % des projets sans objectif de performance thermique. Encore 30 % des maîtres d'œuvre ne prescrivent que rarement des bouquets de travaux.
Les marchés de la rénovation sont jugés plutôt difficiles pour de multiples raisons : budgets sous dimensionnés, décision collective laborieuse des copropriétés, concurrence agressive des sociétés de travaux spécialisés, complexité technique de la rénovation, blocages administratifs...
Pour faire face à l'augmentation de la demande et à l'accroissement des exigences techniques, les maîtres d'œuvre sont demandeurs auprès de leurs fédérations professionnelles d'une meilleure valorisation de leurs métiers auprès des maîtres d'ouvrage et de programmes adaptés de formation technique. Ouverts au travail en réseau, ils cherchent à coopérer avec des maîtres d'œuvre complémentaires et avec des entreprises de travaux particulièrement compétentes en rénovation.
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